Drogue et liberté d’expression

L’article L3421-4 du Code de la santé publique stipule que toute présentation favorable à l’usage illicite de stupéfiants est passible de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 75 000 euros. Destinée à dissuader le prosélytisme en faveur des consommateurs de drogues, cette mesure législative a une portée qui dépasse de loin ce simple aspect.

Les bienfaits du cannabis médical

La question qui se pose aujourd’hui est : pourquoi cet article L3421-4 sanctionne-t-il la mise en avant des bienfaits du cannabis médical sur la santé ? Sommes-nous appelés à ignorer des milliers d’années de recherches ?

Le cannabis, communément appelé chanvre indien, a été utilisé comme plante médicinale depuis l’Égypte ancienne. Cependant, sa réelle étude scientifique et rigoureuse n’a eu lieu qu’au XXe siècle, en raison de sa prohibition. Ce n’est qu’en 1992 que l’intérêt pour cette plante a été ravivé grâce à la découverte du Professeur Raphael Mechoulam, qui a mis en évidence un analogue du cannabis produit par l’organisme : l’anandamide. Selon ce professeur de l’Université de Jérusalem, « le système des endocannabinoïdes joue un rôle dans pratiquement tous les systèmes physiologiques observés ». L’essor des recherches autour de ce composé semble confirmer cette affirmation.

Les limites de la liberté d’expression

La liberté d’expression, valeur essentielle de notre pacte républicain, se heurte ici aux limites imposées par cette loi. Le code L3421-4 nous empêche ainsi de soutenir et de promouvoir les vertus du cannabis médical, dont les propriétés analgésiques, relaxantes, somnifères, antispasmodiques, antimétiques, vasodilatatrices, bronchodilatatrices, anti-inflammatoires, antipsychotiques, antidépresseurs, anxiolytiques, orexigènes, sédatives et neuroprotectrices sont reconnues depuis plus d’un demi-siècle. Ces nombreux composants peuvent significativement améliorer le quotidien de nombreux patients et contribuer à combattre les symptômes de diverses affections telles que le cancer, l’épilepsie, la fibromyalgie, la maladie de Parkinson, le VIH, le glaucome, la sclérose en plaques et la maladie de Crohn.

C’est une inexactitude entretenue par l’État, qui a reconnu en 2013 par décret l’usage médical des cannabinoïdes, tout en interdisant simultanément toute hypothèse selon laquelle cette plante pourrait apporter des bénéfices aux malades.

Fédération Française du CBD