La France se lance à son tour dans le cannabis thérapeutique

La France expérimente le cannabis thérapeutique

Le vendredi 25 octobre, l’Assemblée nationale a approuvé l’expérimentation du cannabis thérapeutique, qui sera mise en œuvre dès le premier semestre 2020. Cette initiative, déjà adoptée par une trentaine de pays, vise à trouver une approche adaptée à la France, en se basant sur les retours d’expérience des patients.

Un besoin croissant pour les patients

Cette décision représente un soulagement potentiel pour de nombreux malades souffrant de pathologies pour lesquelles les traitements antidouleurs traditionnels ne sont plus efficaces. Bien que la France ne soit pas parmi les pionnières dans ce domaine, des pays comme le Canada, les Pays-Bas et Israël ont précédé cette démarche, permettant l’usage du cannabis thérapeutique depuis plusieurs années.

Une motivation sans précédent

Actuellement, environ 30 nations, dont 17 des 28 pays de l’Union européenne, ont autorisé l’usage médical du cannabis, allant jusqu’à 33 États aux États-Unis. Bien qu’aucune étude française ne prouve les bénéfices du cannabis thérapeutique, les témoignages de patients en faveur de son usage sont convaincants. Nicolas Authier, un psychiatre et pharmacologue, a présidé un comité d’experts de l’ANSM et a partagé des exemples positifs, notamment celui d’un patient atteint d’ostéogenèse imparfaite qui a vu une amélioration significative de sa condition après avoir commencé à utiliser le cannabis.

Le cadre de l’expérimentation

L’expérimentation sera centrée sur les patients souffrant de certaines formes d’épilepsie, de douleurs neuropathiques, d’effets secondaires liés à la chimiothérapie, ainsi que de contractions musculaires incontrôlées dues à la sclérose en plaques, des situations pour lesquelles le cannabis pourrait offrir un complément thérapeutique utile.

Effectifs limités et prescriptions médicales

Bien que près de 4 millions de Français puissent bénéficier de ce traitement, seulement 3 000 d’entre eux pourront participer à l’expérimentation, qui se déroulera dans des centres hospitaliers spécialisés. Les prescriptions initiales devront être effectuées par des médecins spécialistes, après quoi les patients pourront renouveler leur traitement en pharmacie de ville. L’ANSM aurait accepté une large gamme de modes d’administration, incluant fleurs séchées, huiles et éventuellement tisanes.

Exploitation de l’expertise des patients

Le député Olivier Véran a exprimé le souhait de s’appuyer sur l’expertise des patients pour ajuster les dosages. Le retour d’expérience sera crucial pour déterminer les quantités de THC, responsable des effets psychoactifs, et de CBD, favorisant la relaxation musculaire. En fonction de la maladie, le médecin adaptera le traitement.

Le soutien du gouvernement

Quant à l’origine du cannabis utilisé pour l’expérimentation, il est probable qu’une production nationale ne soit pas prête à temps. Les discussions se sont engagées avec des producteurs étrangers. Après le vote favorable, le groupe agricole InVivo a déjà manifesté son intention de s’implanter sur le marché français, bien qu’il existe des restrictions légales concernant la culture de plants contenant plus de 0,2% de THC en France.

Une vision d’avenir prometteuse

Lors d’une rencontre à La Réunion, Emmanuel Macron a exprimé son soutien à l’initiative, affirmant qu’une autorisation sanitaire par le ministère de la Santé serait essentielle avant de permettre une production locale. Selon une étude de Grand View Research, le marché du cannabis thérapeutique pourrait atteindre 55,8 milliards de dollars d’ici 2025, une perspective encourageante pour l’avenir de cette thérapie.

Fédération Française du CBD