Qu’est ce que le Système endocannabinoïde ?

Le système endocannabinoïde constitue un ensemble de récepteurs cellulaires et de molécules situés dans notre corps. Ces récepteurs spécifiques, appelés récepteurs cannabinoïdes, ont été isolé dans les années 1990 grâce à l’étude de l’action du cannabis sur le cerveau.
Ils ont donc hérité du nom cannabis et du préfixe « endo » pour signifier qu’ils sont produits par le corps.
Cette découverte est issue du résultat des recherches du professeur israélien Raphael Mechoulam qui isola le THC en 1963.
Il remarqua alors que le corps produisait des actions similaires sans présence de THC.

Les récepteurs cannabinoïdes

A ce jour, deux récepteurs cannabinoïdes sont identifiés : le CB1, cloné en 1990 et le CB2, cloné en 1993 par l’équipe de Howlett et al. Un 3ème récepteur suppuratif est en cours d’identification (GPR55).

Les récepteurs cannabinoïdes sont des protéines qui reçoivent des signaux chimiques de l’extérieur d’une cellule. Lorsqu’un signal chimique se lie à un récepteur, il entraîne une certaine forme de réponse cellulaire. Les récepteurs cannabinoïdes répondent à trois types de liants :

– les endocannabinoïdes produits par les corps mamillaires (une partie du cerveau situé près de l’hypothalamus)
– les phytocannabinoïdes produits par les plantes
– les cannabinoïdes synthétiques.

Le récepteur CB1 est essentiellement présent dans le cerveau et les terminaisons nerveuses.
Le récepteur CB2 se retrouve un peu partout dans le corps, dans le système immunitaire et dans les membranes des cellules immunitaire.
On retrouve également des récepteurs dans la rate, les os, les amygdales et la thyroïde.
Les scientifiques soupçonnent l’existence d’un troisième récepteur mais celui-ci n’a pas encore été isolé.

Les fonctions du système endocannabinoïde

Le système endocannabinoïde participe à la régulation d’un nombre très vaste de processus physiologiques et physiopathologiques, dont le développement neural, la fonction cardiovasculaire, l’inflammation, l’immunité, l’appétit, le métabolisme et l’homéostasie énergétique, la digestion, le développement et la densité osseuse, la plasticité synaptique et
l’apprentissage, la perception des informations sensorielles, notamment nociceptives, la reproduction, le comportement psychomoteur, les troubles psychiatriques, la mémoire, les cycles de veille et de sommeil, ainsi que la régulation du stress et de l’état émotionnel.
Une des spécificités du système endocannabinoïde est de s’adapter à la plupart des situations pathologiques de manière ciblée, en régulant à la hausse la production moyenne d’endocannabinoïdes et de récepteurs aux cannabinoïdes lorsqu’il faut compenser un déséquilibre local.

Les cannabinoïdes jouent un rôle dans la destruction des tissus malades en régulant la phagocytose et l’apoptose des cellules malades ou cancéreuses.
Les cannabinoïdes participent à la régulation de la douleur et de l’inflammation en cas de blessure par 3 mécanismes d’action différents sur 3 types de cellules différentes.
Parallèlement, il a été démontré qu’une stimulation des récepteurs CB1 pouvait avoir des effets protecteurs, par exemple dans la sclérose en plaque ou dans les cancers du côlon, mais aussi néfastes comme dans la cirrhose du foie.

Les endocannabinoïdes se trouvent à la croisée des différents systèmes du corps, permettant une communication globale et une coordination des différents types cellulaires.
Avec ses actions complexes au niveau du système immunitaire, du système nerveux et dans tous les organes du
corps, il représente littéralement un pont entre le corps et l’esprit. En comprenant ce système on commence à voir un mécanisme qui explique comment les états de conscience peuvent promouvoir la santé ou la maladie.
En plus de réguler notre homéostasie interne et cellulaire, les cannabinoïdes influencent la relation qu’une personne a avec son environnement extérieur.
Socialement, l’administration de cannabinoïdes modifie clairement les comportements humains, promouvant souvent la solidarité, l’humour et la créativité.
En modulant la neurogenèse, la plasticité neuronale et l’apprentissage, les cannabinoïdes pourraient influencer directement l’ouverture d’esprit d’une personne et son habilité à aller au delà de schémas de pensée et de
comportements restrictifs hérités de situations passées.

Les cannabinoïdes favorisent l’homéostasie à tous les niveaux de la vie biologique, du niveau infra-cellulaire à celui de l’organisme, et peut être à celui de la communauté et au delà.
Il est possible que le cannabis devienne à l’avenir une des plantes les plus utiles de la pharmacopée, en termes de soins et de prévention des maladies, et un appui adapté dans notre environnement de plus en plus toxique et carcinogène.
Un reformatage des vieux schémas est essentiel à la santé dans notre environnement changeant très rapidement. Dans tous les cas, la compréhension des mécanismes de ce système complexe pourrait permettre de renforcer l’efficacité et le ciblage de certains traitements, par le biais de PCB, d’agonistes ou d’antagonistes cannabinoïdes, ce qui suggère un avenir très prometteur de cette nouvelle classe thérapeutique.

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