L’état des lieux sur l’usage du chanvre en France :

Le chanvre , nommé Cannabis sativa L. par les scientifiques, fait partie intégrante de la culture et de l’histoire de l’humanité.

En métropole française, il fut cultivé en très grandes quantités jusqu’au milieu du XXème siècle pour ses fibres et il fut aussi promu pour ses fleurs par de nombreux artistes.

A la Réunion, en Polynésie ou aux Antilles, il est partie prenante des traditions et de la pharmacopée, les propriétés médicinales de ses fleurs étant reconnues de longue date.
En France, l’usage des stupéfiants est Interdit en public dès 1916. Le chanvre est retiré de la pharmacopée en 1953 et son usage privé est pénalisé depuis 1970. La production, l’extraction, le commerce, la cession et l’usage de fleurs de chanvre est donc interdit en France, aussi bien pour les malades dans le besoin, que pour les citoyens adultes et responsables qui s’adonnent à un usage non problématique.

La loi française va même plus loin puisqu’elle impose une véritable chape idéologique sur le sujet en interdisant la présentation sous un jour favorable (L. 3421-4 du Code de la Santé Publique) et en contraignant ainsi les citoyens et la communauté scientifique à un manichéisme irrationnel obscurantiste, dissuadant de tout discours objectif ou de toute
recherche sur les vertus médicinales de certains produits classés comme stupéfiants.

Pourtant, cette plante n’a jamais cessé d’être utilisée dans notre société, au point qu’en 2015, la France compte parmi les pays d’Europe qui consomment le plus de chanvre, avec près de 5 millions d’usagers adultes qui en apprécient, entre autres, les effets relaxants ou le caractère socialisant malgré l’interdit pénal, les moyens considérables pour veiller à son application depuis 1970 et une réponse pénale systématique depuis 2012. De fait, loin d’être un épiphénomène,
l’usage de chanvre s’inscrit aujourd’hui culturellement dans notre société.

L’interdit pénal a généré un véritable tabou sociétal, liant désinformation et craintes injustifiées au sein de la population générale, mais aussi parmi les professionnels de santé.

De nombreux clichés erronés sur le chanvre et les stupéfiants sont en effet profondément ancrés dans la population française, véhiculés par un dogme moraliste manichéen et réducteur à connotation hygiéniste résumé par « drogue = poison = dépendance », entraînant une perception des dommages liés à leur usage nettement supérieure à celle qu’en ont les experts en addictologie (Bourgain et al).

Alors que les laboratoires pharmaceutiques disposent des autorisations pour produire et distribuer à tour de bras des médicaments aux effets parfois très nuisibles, cette vision alarmiste des drogues persiste de nos jours, entretenue par une propagande animée par quelques scientifiques isolés ayant une large tribune médiatique se relayant depuis 50 ans pour diaboliser ces produits, en dépit des nombreuses preuves scientifiques concernant leur utilité
potentielle et leur sécurité d’emploi en médecine.

D’une part, le droit français condamne sans état d’âme à une peine de prison des milliers de citoyens qui utilisent le chanvre pour se soigner ou apaiser leur souffrances, maltraitant ainsi des personnes vulnérables qui n’aspirent qu’au “meilleur état de santé qu’il leur soit possible d’atteindre”.

D’autre part, des millions d’usagers, marginalisés par la loi et délinquants contre leur gré, ne bénéficient d’aucun encadrement parental ou professionnel dans leur usage, faute de reconnaissance sociale de ces pratiques, à l’origine de surconsommation de chanvre non contrôlé sanitairement, ce qui ferait scandale pour tout autre bien consommable (viande avariée, tabac coupé au verre…).

Nous ne comptons plus le nombre de violations des Droits de l’Homme commises au nom de la « guerre à la drogue » : la liberté de consommer est anéantie, la liberté de se soigner mise à mal, la liberté de circuler bafouée, celle de cultiver oubliée ; même la liberté d’expression est mise de côté !

A cela s’ajoutent la discrimination, la culpabilisation et la « mise au ban » dont sont victimes les usagers, dans la sphère professionnelle comme privée : les réponses judiciaires aux poursuites pour possession simple ou pour culture à usage personnel catégorisent systématiquement l’individu en « délinquant » ou en « toxicomane », alors que 90%
des citoyens usagers ont une consommation non problématique.

Le cannabis médical prend de plus en plus de place dans le paysage européen. Dans l’ensemble, les traitements à partir de cannabinoïdes synthétiques sont autorisés. En revanche, en ce qui concerne les traitements à partir de fleurs séchées du cannabis, ou d’extraits de cannabis, eux, sont moins disponibles. Demandons nous alors pourquoi ?

Pourquoi ces traitements synthétiques sont-ils favoriser au traitements naturels ?

La légalisation du cannabis thérapeutique va arriver tôt ou tard dans notre pays qui est désormais cerné par des pays menant des politiques plus pragmatiques et responsables sur cette question.

La véritable question est comment ouvrir la meilleure voie possible pour la régulation?

Résolus à ce que les changements ne se fassent pas au détriment des citoyens, nous nous sommes regroupés pour agir au sein de La Fédération française du CBD.

Diminuer les risques sanitaires et sociaux

Prévention de l’addiction et réduction des risques sanitaires.

Conscients que les usagers de chanvre sont souvent mal informés sur ce qu’ils consomment et les risques qu’ils encourent (santé, répression, dépendance) et au vu de la généralisation de son usage dans la société, il devient nécessaire de développer d’urgence dans la cadre de la Loi santé Touraine une approche de réduction des risques à destination des usagers de « fleurs de chanvre » ou de ses dérivés.

Régulation des filières et réduction des risques sociaux a travers une coopération avec tous les acteurs volontaires, professionnels, politiques et associatifs, nous souhaitons ouvrir le débat concernant le chanvre médical sur la scène politique française et européenne. Notre volonté politique est claire : favoriser l’apparition, la défense et le développement du CBD (cannabidiol) destiné à des fins médicales à travers une démarche éthique et citoyenne , au nom de la santé et de la sécurité publiques, de l’emploi et de l’économie, de la cohésion sociale et des droits humains.

Le modèle des Cannabis Social Club est intéressant car il repose sur l’économie sociale et solidaire et le développement durable.

Ce modèle de circuit court, où la production répond uniquement à la demande, est un système de micro-régulation, qui permettra de créer de nombreux emplois.

Cependant, il ne peut répondre à lui seul à l’importance et à la diversité de la demande en fleurs de chanvre et en concentrés, notamment aux besoins médicaux.

C’est pourquoi notre vision de la régulation du cannabis est plus globale: elle articule plusieurs circuits contrôlés distincts de production et de distribution, afin d’offrir un accès sécurisé adapté à chaque type de cas, mais aussi de limiter au maximum le risque de contrebande.

La vente au mineurs et la publicité serait interdite, comme pour l’alcool et le tabac.
Nous citoyens, indignés par une prohibition obsolète et criminogène, appelons la société civile à faire preuve de lucidité, d’abnégation et de courage pour remettre en question le bien fondé de la méprise des bienfaits médicaux du CBD (cannabidiol) et participer à la construction d’un modèle de régulation responsable, intégrale et inclusive, axée sur la santé publique , la protection des mineurs, la sécurité , l’emploi et la justice sociale .

Les bienfaits d’une politique de régulation intégrale

Réduire les risques sanitaires

● Encadrer et définir des normes sanitaires de production et de distribution.
● Contrôler les produits circulants par des analyses sanitaires.
● Développer des campagnes d’éducation aux pratiques d’usage à moindre risque.

Réduire les conduites addictives

● Encadrer les usages chez les adultes et définir des normes d’usage.
● Retarder l’âge du primo-usage par l’affirmation d’un interdit crédible.
● Réduire les addictions à l’alcool, aux médicaments, aux opiacés et aux stimulants (effet « anticraving » du CBD).

Lutter contre l’insécurité publique

● Recentrer les forces de l’ordre sur des mission prioritaires comme l’atteinte aux biens et aux personnes.
● Lutter contre la corruption des personnes dépositaires de l’autorité publique.
● Couper l’herbe sous le pied des cartels pour lutter efficacement contre la criminalité organisée.

Créer de l’emploi et de la richesse

● Économiser près d’un milliard d’euros par an gaspillés dans la guerre aux drogues.
● Dynamiser le marché du travail avec 100 000 emplois directs et indirects à la clef.
● Renflouer les caisses de l’état par la taxation des produits (chiffre d’affaire = 10 milliards d’euros/an).

Améliorer la justice sociale

● Favoriser l’accès aux droits et à la santé des usagers.
● Lutter contre la discrimination des usagers et la stigmatisation de leurs pratiques.
● Développer des politiques d’insertion sociale et de formations professionnelles dans les zones prioritaires (cité sensibles vivant du trafic), y compris dans l’économie du cannabis (serres municipales).

Dynamiser la recherche scientifique

● Favoriser les études épidémiologiques et cliniques sur les substances consommées.
● Favoriser la recherche sur le potentiel médical du CBD

Garantir à tous les citoyens 5 libertés fondamentales:

● La liberté d’expression sur les drogues, à l’exception de la publicité mercantile
● La liberté de se soigner avec les plantes (phytothérapie/aromathérapie)
● La liberté de disposer de son propre corps
● La liberté de cultiver son jardin pour ses propres besoins.
● La liberté de se déplacer, en l’absence d’emprise dangereuse pour autrui